Plasticienne-scénographe, exploratrice de monde(s)
Diplômée de l’Ecole Supérieure d’Arts et Médias de Caen, puis de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts décoratifs de Paris en 2020, je suis avant tout une terrienne attirée par la mer.
Aristote décrit la Terre comme une masse sphérique et immobile, qui ne permettrait à aucun autre monde de prétendre à l’existence. Et si je décidais de décortiquer cette sphère ? À travers mon travail artistique, je tente d’interroger la place de l’Homme qui se déplace et voyage dans le monde, ou plutôt entre les mondes qui existent à différentes échelles.
En tant qu’artiste, je me positionne dans un interstice, entre la fiction et la réalité. Installations, photographies, dessins : mon travail plastique utilisant des médiums divers, mes projets sont souvent liés à un travail d’écriture intégrant des personnages fictionnels, inspirés de rencontres sur mon territoire environnant ou de mes propres expériences de jeune femme, artiste, née en 1993 à Caen.
Une grande partie de mes recherches s’effectuent au cœur de l’infime limite entre l’espace Terrien et l’espace Marin : Le Bord du Monde, l’ultime ligne de l’écume, étudiée avec le Colletif Caboisett, dont je fais partie depuis 10 ans. L’exploration du territoire à pied, la recherche des limites et des frontières fragiles qui m’entourent et constituent le paysage sont donc au centre de ma démarche.
En tant que jeune artiste, je ressens un réel besoin d’archiver un état du monde qui existe au présent et qui sera peut-être voué à disparaître. Mon envie de prendre en photographie le littoral est aussi liée à la notion de nécessité et d’urgence : les limites qui m’inspirent tant sont en train de bouger, plus que jamais. Le Bord du monde est mouvant, friable, comme la mémoire et nos souvenirs.
En effet, l’archivage est au cœur de ma pratique, et notamment l’archivage et l’étude des souvenirs. Je m’interroge sur les traces que laisse un souvenir, sur la manière dont il évolue, comment il peut se transmettre, se matérialiser, ou au contraire s’effacer doucement, de notre plein gré ou non…
La DRAC Normandie m’a d’ailleurs accordé cette année ( 2025-2026) l’Aide Individuelle à la Création pour une recherche en dessin, écriture et photographie :
La pêcheuse de mémoire.
La pêcheuse est concentrée, elle lève son filet.
Un voile léger mais lourd de souvenirs volants s’engouffre dans les mailles serrées.
Un fragment de mémoire vient d’être pêché.
La mémoire d’un Bord du Monde lointain, en Irlande…
Et si le vent dessinait et révélait un contour ? Une nouvelle limite : celle de nos corps.
Je questionnerai l’existence de cette ultime limite qui sépare nos mondes mentaux des mondes physiques et du paysage en allant en Irlande sur les traces de mon histoire familiale, accompagnée d’une boîte remplie d’archives et d’histoires migratoires.