C’est quoi cette espèce de grotte ? Depuis longtemps, c’est comme ça que j’imagine l’intérieur de ma tête, et que je visualise mes pensées.
Je grotte. Et si des mondes, mentaux, naissaient et proliféraient à l’intérieur de notre coquille, de notre corps ? Je me construis des petites cavités, des grottes, dans lesquelles je range des instants, des sensations, des lieux, parfois même des gens. J’archive des souvenirs que je veux précieusement conserver, afin d’y retourner de temps en temps. Ou pour les oublier pour de bon, en fermant la porte avec une grosse pierre bien lourde.
J’imagine l’espace mental comme un réseau caverneux, un amas d’espaces alvéolaires, fragiles, instables, qui se côtoient et s’entremêlent. Terrienne attirée par la mer, mes grottes sont parfois sableuses, rocheuses, et offrent des vues paisibles sur le paysage marin. La mer qui se charge de trier la mémoire et les pensées.